Je me retirai, me rajustai et souhaitai une bonne nuit à mes deux compagnes de débauche.
jouir
Vu que Sonia continuait son œuvre comme si de rien n’était, la nuit promettait en effet ! La pauvre Gladys n’en avait pas fini !
Je repensais encore à la scène dans le TGV qui m’emportait vers Paris. Qui l’eût cru ? Je ne suis pas expert en la matière, loin s’en faut, mais j’ai l’impression que 2000 ans de civilisation judéo-chrétienne ont enfoncé le tabou gay beaucoup plus profondément que le tabou lesbien. Question de fierté, de morale ou physique, je n’en sais foutre rien. Il est midi moins dix quand j’arrive au siège national, on me conduit immédiatement au bureau des investitures dans lequel m’accueille une jeune femme.
- Fred, je présume ? Bonjour, je suis Nathalie, je vous ai appelé hier !
- Ravi de vous rencontrer !
Et c’était peu de le dire. La douce Nathalie aurait eu sa place sur les podiums bien plus que dans les organisations politiques ! Toute de blanc vêtue dans son tailleur strict, ses yeux verts éclataient comme deux émeraudes dans son visage halé. Quant à ses cheveux blonds descendant aux oreilles, ils lui donnaient un air de lycéenne ingénue.
- Inutile de rêver, vous ne me sauterez pas !
- Quoi ! Mais enfin je n’ai jamais voulu…
- Mais si, vous voulez. Tous les hommes veulent. C’est parce que je l’ai compris que je suis à ce poste à moins de trente ans.
J’hallucine ! Elle est en train de me parler de la promotion canapé. Finalement, ce n’était pas si illogique. L’ancien chauffeur d’un Président avait bien parlé d’un parti qui devenait de temps à autres un « baisodrome » (NB : si vous ignorez cette histoire… Soyez fidèle à Thierry Ardisson le samedi soir sur France 2 !)
- Soit. Mais ce n’est pas le sujet ! Vous ne m’avez pas fait venir pour ça !
- En effet ! J’ai remarqué vos discours et votre travail dans votre département. Vous avez de l’étoffe. Je vous offre une place éligible sur notre liste aux européennes.
La proposition était tentante, cela aurait été mon premier mandat. De plus, le scrutin de liste me garantissait la victoire sans coup férir et une bonne médiatisation : le début d’une carrière nationale. D’un autre côté, je n’avais pas l’intention d’aller moisir cinq ans à Strasbourg, dans un Europarlement nanti d’à peu près autant de pouvoir que Louis XVI sous la Révolution, et qui intéressait 4 personnes maximum dans le pays.
- On va faire un marché. Donnez moi une place, mais en position non éligible. Mais soutenez-moi financièrement et médiatiquement dans la campagne ! Je veux être porte-parole, en quelque sorte…
La belle Nathalie était apparemment surprise.
- Vous êtes bien le premier à refuser… D’accord ! Un autre sera ravi de trouver cette planque. Je vous approuve. Fred !, me lança-t-elle alors que je quittais la pièce. Vous allez me permettre de me faire bien voir. Ca mérite une récompense !
Et elle me mit la main au panier. Comme ça, directement, et en me regardant bien dans les yeux. Puis elle massa doucement par-dessus l’étoffe. Quelle attaque perfide !
- Intéressé ?